Un instrument au cœur d’une pratique créative
La ravanne, également orthographiée ravann, est un tambour sur cadre qui occupe une place centrale dans le sega tipik. Menwar lui conserve un rôle important tout en explorant un langage musical associé à son nom et à sa propre démarche. La présentation de l’artiste publiée par Babani retrace un parcours allant des enregistrements sous le nom de Lélou au sagaï et mentionne une méthode de ravann publiée en 1999. Jouer, fabriquer, enregistrer et enseigner sont les dimensions complémentaires de ce parcours.
Cette distinction aide à choisir ce que l’on souhaite écouter. Un artiste peut travailler étroitement avec un instrument associé au sega traditionnel sans produire uniquement du sega tipik. Le répertoire de Menwar trouve sa place dans ce guide parce qu’il montre ce qu’un praticien peut faire de cet héritage. Le sagaï possède une histoire particulière de rencontres musicales et de fabrication d’instruments. Ce n’est pas une étiquette générale applicable à toute musique jouée sur une ravanne.
Des singles de Lélou aux cassettes de Menwar
La documentation consacrée à l’artiste et publiée par l’Académie de La Réunion situe ses premiers enregistrements en 1977, avec deux singles comprenant Capito et Léti pommé. Ces disques ont été pressés à Madagascar sur le label Green Turtle de Discomad. Ces précisions inscrivent les enregistrements dans un réseau de l’océan Indien. L’histoire de la musique mauricienne passe aussi par les lieux où les disques étaient fabriqués et par les labels qui permettaient leur circulation.
D’autres singles ont suivi, avant la parution de la cassette Souvenir le Port en 1980 sous le nom de Menwar. Létan lenfer est sorti en 1982, avec Kaya à la guitare, puis Kiltir dé zil en 1984. Le passage du nom de Lélou à celui de Menwar et cette succession de parutions offrent des points de départ concrets pour explorer le catalogue. Effectuez vos recherches sous les deux noms et gardez le titre de la parution comme repère lorsque vous comparez un ancien disque à une édition numérique ultérieure.
Ce que désigne le sagaï chez Menwar
L’inventaire national du patrimoine culturel immatériel rapporte la description que Menwar donne du sagaï, une rencontre entre le sega, le blues, le jazz, le rock et le seggae. La ravann et la maravann y restent centrales. Cette description établit plusieurs liens musicaux sans rendre ces formes interchangeables. Le sagaï n’est notamment pas une autre orthographe de seggae, cette rencontre mauricienne entre sega et reggae associée à Kaya et à d’autres musiciens.
Le nom relie également la musique aux objets du quotidien et au travail manuel. L’inventaire mentionne des associations avec un harpon de pêche, une lance et une baguette de matelassier. Ces significations comptent autant que la liste des influences musicales. Elles rapprochent le vocabulaire créatif de Menwar des matériaux qu’il manipule et des instruments qu’il construit. Elles donnent ainsi au sagaï un contexte plus précis que ne le ferait le seul mot fusion.
Coquillages, boîtes métalliques et possibilités percussives
Le même inventaire décrit la fabrication d’instruments par Menwar à partir de matériaux du quotidien, notamment des coquillages, des boîtes métalliques et des baguettes utilisées par les matelassiers. La construction d’instruments fait donc partie de sa pratique artistique documentée. Elle élargit l’éventail des objets dont peut disposer un ensemble et intègre les choix du musicien concernant les matériaux à l’élaboration de son langage musical.
En regardant une prestation dont les musiciens sont crédités, observez le lien entre chaque objet et le geste qui le fait sonner. Quel instrument est secoué, frappé ou manipulé autrement ? Il s’agit d’un exercice d’observation, et non d’une raison de supposer que tous les objets mentionnés dans l’inventaire figurent sur chaque enregistrement. Une vue de la scène et une description de catalogue apportent des informations de nature différente. Ensemble, elles peuvent aider à mieux suivre les percussions.
Choisir un titre précis pour entrer dans les enregistrements
Pop Lékonomi est le titre de Menwar retenu dans le parcours d’écoute de ce guide. Commencez par l’enregistrement crédité accessible depuis sa fiche d’artiste, puis explorez le reste du catalogue. Babani documente notamment les projets Kiltir dé zil, Leko rivyer nwar et Ay ay lolo. Ces titres constituent des repères de recherche plus utiles qu’une mise en ligne anonyme présentée simplement comme des percussions mauriciennes.
À la première écoute, abordez l’enregistrement comme une interprétation complète. À la deuxième, concentrez-vous sur les percussions et remarquez les moments où votre attention passe de la voix aux instruments. Ce sont des propositions d’écoute, pas des affirmations concernant un rythme ou un arrangement particulier. Pour établir une comparaison, revenez ensuite à un enregistrement de sega tipik clairement identifié et considérez la manière dont les instruments sont présentés dans le cadre de la pratique documentée de chaque artiste.
Apprendre auprès d’un musicien qui fabrique aussi ses instruments
La présentation de Babani mentionne la méthode de ravann de Menwar en 1999. L’existence documentée de cette méthode ajoute une dimension pédagogique aux enregistrements et à la fabrication d’instruments. Elle montre que son rapport à la ravanne comprend aussi la transmission d’une approche à d’autres personnes, au-delà de son utilisation dans ses propres projets. La date de cette méthode ne permet toutefois pas de conclure qu’un cours ou un atelier est proposé aujourd’hui.
Pour une personne qui souhaite apprendre, l’étape utile consiste à distinguer trois centres d’intérêt. Il peut s’agir d’étudier le jeu traditionnel de la ravanne, de comprendre l’approche propre à Menwar ou d’explorer la fabrication d’instruments. Précisez votre objectif lorsque vous contactez un organisme ou un enseignant. Les pages du guide consacrées à l’apprentissage et aux instruments proposent des pistes de contact documentées. Les séances actuelles, le matériel, la langue d’enseignement et les conditions d’accès sont à confirmer auprès de la personne qui les propose.
Écouter les liens sans effacer les différences
La participation de Kaya à la guitare sur Létan lenfer établit un lien précis entre deux musiciens dont les identités musicales ultérieures sont souvent abordées séparément. Cette piste mérite d’être suivie parce qu’elle remplace une simple répartition par genres par une collaboration réelle. L’enregistrement appartient au catalogue de Menwar, tandis que le travail de Kaya avec Racinetatane ouvre un autre chemin dans la musique mauricienne.
Conservez cette attention aux crédits lorsque vous poursuivez vos écoutes. Le nom de l’artiste, les collaborateurs mentionnés, le titre de la parution et l’édition permettent de mieux situer ce que vous entendez. Le parcours de Menwar offre plusieurs directions à explorer : les premiers enregistrements sous le nom de Lélou, les projets de l’époque des cassettes, le sagaï, les percussions artisanales et l’enseignement de la ravanne. Choisissez celle qui vous intéresse, tout en gardant les autres à l’esprit comme les dimensions liées d’une même vie créative.
Questions fréquentes
Menwar et Lélou sont-ils le même musicien ?
Oui. Menwar est Stéphano Honoré, dont les premiers enregistrements ont été réalisés sous le nom de Lélou. La documentation consacrée à l’artiste mentionne des singles en 1977, puis la cassette Souvenir le Port sous le nom de Menwar en 1980. Les deux noms sont utiles pour explorer les débuts de son catalogue.
Le sagaï est-il la même chose que le seggae ?
Non. Dans la description documentée de Menwar, le sagaï fait se rencontrer le sega, le blues, le jazz, le rock et le seggae, avec la ravann et la maravann au centre de son approche. Le seggae possède sa propre histoire, celle d’une rencontre entre sega et reggae. Les deux noms doivent rester distincts.
Menwar fabrique-t-il ses propres instruments de percussion ?
L’inventaire national du patrimoine culturel immatériel documente les instruments qu’il construit à partir de matériaux du quotidien, notamment des coquillages, des boîtes métalliques et des baguettes de matelassier. Cette pratique de fabrication aide à comprendre les liens entre ses percussions, son vocabulaire musical et le nom sagaï.
Par où commencer pour écouter Menwar ?
Commencez par l’enregistrement crédité de Pop Lékonomi sur la fiche d’artiste de Menwar, puis suivez le lien vers son catalogue. Babani documente notamment les projets Kiltir dé zil, Leko rivyer nwar et Ay ay lolo, qui offrent plusieurs pistes précises pour poursuivre au-delà d’un premier morceau.
Sources et lectures complémentaires
Menwar, ravanne, séga, sagaï Babani
Menwar, documentation de résidence artistique Académie de La Réunion
Le sagaï dans l’inventaire national du patrimoine immatériel Mauritius / UNESCO
